Rencontre •••
Photographe de père en fils depuis trois générations, Frédéric Chazal a commencé la photo dès l’âge de dix ans. C’est à l’autre bout du monde, en Nouvelle Calédonie où il a passé 15 ans, que Frédéric Chazal est passé professionnel. Photos de presse, sportives et de mariage… son expérience est variée, mais le dénominateur commun reste le plaisir. Il conçoit la prise de vue comme un reportage. Être au plus près de l’action en devenant invisible, voilà le credo de ce photographe qui a la passion chevillée au corps.
MDC. Comment avez-vous commencé la photo de mariage ?
Frédéric Chazal. Un peu par hasard, comme beaucoup de photographes d’ailleurs. J’ai eu une demande… puis deux. Mais le plus important, c’est pourquoi j’ai continué : pour le bonheur des gens ! À un mariage, tout le monde est content d’être là : je suis obligé de faire de belles photos. Mais la vraie récompense, c’est quand je livre mon album et que je vois le visage de mes mariés s’illuminer à la vue de mes photos. Ils se reconnaissent mais n’y croient pas.
MDC. Quel moment du mariage préférez-vous ?
Frédéric Chazal. J’adore photographier les préparatifs afin de capturer la transformation de la mariée. La magnifier, voilà mon objectif. J’aime photographier des instants volés comme, par exemple, une maman qui habille sa fille.
MDC. Le relationnel est-il important avec vos clients ?
Frédéric Chazal. Bien sûr… Mais je n’aime pas parler de « clients » mais de « mariés ». Avec eux, j’ai besoin de construire un vrai climat de confiance mutuel. Si ce feeling ne se crée pas, je n’ai pas peur de refuser un mariage et d’indiquer un autre photographe. Je préfère dire non à un mariage que d’y aller à reculons.
Cette confiance réciproque me permet justement de magnifier la femme pendant les préparatifs. Car au moment de l’habillage, s’il n’y a pas cette complicité, on peut vite tomber dans la photo vulgaire.
MDC. Pourquoi vous plus qu’un autre ?
Frédéric Chazal. Si vous venez me voir, c’est parce que vous ne voulez pas de photos posées. Quand je vais à un mariage, je viens avec deux boitiers professionnels : comme pour un reportage de presse ! Et après le mariage, chaque photo est passée au crible : le grain de peau, les yeux… En tout, je passe entre quatre jours et une semaine de retouche pour chaque mariage.
MDC. Couleur ou noir et blanc ?
Frédéric Chazal. Ma sensibilité artistique va vers le noir et blanc, mais pour le mariage, c’est différent. Toutes les photos que je propose sont en couleur et si je juge qu’une vaut le coup d’être passée en noir et blanc ou sépia, je le fais pour mon plaisir. Au final, ce sont les mariés les bénéficiaires de ma passion puisqu’ils auront les deux versions. Il n’y a pas de règle, il faut juste que quelque chose se dégage.
MDC. Est-ce qu’il y a des pratiques que vous refusez ?
Frédéric Chazal. Oui, par exemple, la présentation des photos le soir. Même si je suis équipé pour, je n’aime pas montrer mes photos brutes de décoffrage. Pour moi, la retouche c’est 50 % du travail. Je ne suis pas commercial et je n’aime pas instaurer une telle relation au cours de la soirée avec les invités. Un mariage est et doit rester un moment de fête.
